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Biographie de Michael Thalbourne

Biographie de Michael Thalbourne


Ma carrière en Parapsychologie.

Michael A. Thalbourne, PhD

(JPEG) Je suis tombé par hasard sur le domaine de la parapsychologie alors que j’étais étudiant de terminale, en 1972, en Australie du sud. Je traversais une crise de foi religieuse (j’avais reçu une éducation catholique) et, un jour que je me promenais dans une section de la bibliothèque, le livre de James Pike, « L’autre Côté » (The Other Side), m’a sauté aux yeux. Il traitait de la preuve d’une survie post mortem. Il mentionnait aussi que plusieurs manifestations semblant reliées à la survie pouvaient aussi être expliquées par la télépathie entre le médium et le participant à la séance. C’est ainsi qu’est né mon intérêt pour l’ESP en particulier, et pour la parapsychologie en général.

L’année suivante, à l’Université, j’ai écrit un essai sur la parapsychologie et le problème du corps et de l’esprit, qui a dû être noté par un psychologue intéressé par ce domaine, puisque les philosophes présents ne connaissait rien à propos de parapsychologie.

Le même psychologue est devenu mon superviseur dans mes « Honours » (licence), et suivit ensuite mon travail sur la collaboration entre Uri Geller et Targ et Puthoff. Ensemble, nous avons mis sur pied une expérience de reproduction de dessins en 10 essais, dans lequel des paires de « proches » devaient être comparées à des paires de « non-proches » (c’est à dire, des couples de personnes qui n’ont pas et n’ont jamais eu de relations ensemble- que j’ai appelés « couples non intimes »). Comme aucun stimulus approprié n’était disponible, j’ai systématiquement utilisé un dictionnaire pour localiser, aléatoirement, des mots à dépeindre comme cibles. Finalement, j’ai fait 180 cibles de ce genre qui se sont révélées utiles dans des expérimentations ultérieures effectuées par le Dr Lance Storm et par d’autres.

Une comparaison psychologique entre les couples intimes et non intimes a révélé un nombre intéressant de différences significatives. Toutefois, du moins à ce que je pouvais dire à ce moment, il n’y a pas eu d’analyse de l’information ESP qui soit significative. Ironiquement, ma thèse a obtenu un prix en psychologie sociale et reste une des plus fréquemment lues de la bibliothèque de l’Université.

L’année suivante, j’ai débuté un travail de thèse en commençant par acquérir consciencieusement de bonnes bases sur le progiciel de statistiques SPSS. Quand j’ai ré-analysé les données de ma première expérience - en particulier quand j’ai construit une échelle de croyance à l’ ESP, à partir de certaines croyances individuelles et de certaines caractéristiques des expériences, j’ai trouvé des indications extrêmement fortes de l’effet appelé « mouton-chèvre » mais, pour une raison inconnue, seulement dans des couples non intimes. C’est à cette époque que j’ai postulé pour une bourse de recherche en parapsychologie et que, pour la première fois, j’ai tâté du doigt le préjugé attaché à ce secteur.

Au départ, j’étais classé premier parmi tous les candidats, mais j’ai rapidement constaté que les bourses du Commonwealth étaient attribuées à des personnes moins bien notées, et on ne m’en a offert aucune, à la surprise de ces personnes moins bien classées. Traditionnellement nos boursiers allaient à Oxford ou Cambridge, mais les deux départements de psychologie ont dit qu’il serait problématique de me trouver un superviseur en parapsychologie (Robert Thouless s’est proposé mais on a pensé qu’il pourrait être trop âgé). Les administrateurs des bourses du Commonwealth étaient supposés chercher partout en Angleterre pour trouver l’université la plus appropriée par rapport au domaine, en l’occurrence c’était Edimbourg, mais apparemment ils ne se sont pas souciés de le vérifier.

Le responsable des études à Adelaïde a été étonné que j’aie été écarté de cette manière et n’a pu faire autrement que d’imputer ce fait à mon choix de la parapsychologie ; il m’a demandé si ma recherche concernait les fantômes ! Ainsi, j’ai été obligé de postuler, tardivement, pour une autre bourse, c’est à dire une bourse offerte par l’Université d’Adélaïde elle-même (la bourse George Murray) et dans ce cas, j’ai finalement réussi, bien que le retard de ma demande à Edimbourg ait créé quelques difficultés, qui ont finalement été aplanies.

Les bénéficiaires de bourses du Commonwealth avaient leur frais de voyage couverts, mais le George Murray ne prévoyait aucun fonds pour de tels coûts, de sorte que j’ai dû demander une allocation au Plan de Voyage d’Echange Universitaire, et par chance j’ai réussi à en obtenir un. Mon idéalisme et mon implication en parapsychologie m’ont porté à ignorer les préjugés d’arrière-plan que j’ai dû affronter et à les considérer comme une aberration isolée. En cela, je m’en aperçois maintenant, j’avais tort.

Il faut aussi remarquer que, lorsque j’ai écrit au superviseur choisi, Dr. John Beloff, il m’a salué très chaleureusement mais m’a dit ce qui suit :

« J’ai toujours considéré de mon devoir d’avertir les postulants qui désirent travailler en parapsychologie. La dure réalité est qu’il n’y a virtuellement pas d’emplois dans ce secteur, et que cela peut se révéler un handicap pour trouver un emploi dans d’autres domaines, ainsi vous devrez vous rendre compte qu’en choisissant d’effectuer votre travail de thèse dans cette discipline, vous prenez un risque pour votre carrière future. (Communication personnelle, 22 avril 1977) ».

Cet avertissement est aussi pertinent aujourd’hui qu’il y a 28 ans. Ainsi, j’étais dûment informé mais néanmoins je considérais que la parapsychologie était la plus importante des sciences psychologiques, et n’ai pas envisagé le moment où je devrais trouver un emploi.

Pour ma thèse, j’ai continué d’utiliser la technique de reproduction de dessin : j’ai fait une étude comparée plus poussée de l’effet mouton-chèvre, une étude d’un couple marié, une étude comparant des couples de personnes qui étaient étrangères l’une à l’autre à des couples de personnes non intimes, et une expérience méthodologique dont je ne m’étendrai pas ici sur les détails techniques. Donc, à la fin de mon doctorat à l’Université d’Edimbourg, j’avais à offrir un stock raisonnable de résultats significatifs.

C’est là qu’est arrivé le moment critique : si un poste en parapsychologie est disponible quelque part dans le monde, alors le diplômé est probablement le plus qualifié pour le remplir ; toutefois, s’il n’y a pas d’emploi disponible, alors le diplômé n’est probablement pas suffisamment formé dans quoi que ce soit d’autre pour lui permettre de prendre un emploi alternatif (ce qu’il ne souhaite généralement pas faire de toute manière, particulièrement si une carrière en parapsychologie lui tient à cœur). J’ai été un des chanceux, temporairement : j’ai travaillé d’abord avec Erlendur Haraldsson en Islande et en Inde, et à ce moment deux universités sollicitaient mes faveurs. Finalement, j’ai rejoint le Laboratoire Mc Donnell pour la Recherche Psychique à l’Université de Washington, Saint-Louis. J’ai alors appartenu à la race des rares personnes payées pour faire de la recherche parapsychologique à temps plein. Nous étions un laboratoire heureux, jusqu’au jour où certaines rumeurs furent avérées -James Randi avait réussi à obtenir que deux magiciens amateurs se présentent au laboratoire et prétendent être des sujets psi.

Peu de personnes ont écouté notre version de l’histoire - que nous n’étions pas des chercheurs incompétents mais que nous nous étions conduits de la manière appropriée envers les deux jeunes gens - et cela a eu pour conséquence que le recteur de l’Université de Washington, fâché de la publicité embarrassante, décida que le reste du legs de Mc Donnell serait attribué à la génétique plutôt qu’à la parapsychologie. Le laboratoire a donc fermé ses portes en août 1985.

Il semblait qu’aucun autre laboratoire parapsychologique n’avait de place pour moi et j’ai passé un an à faire toutes sortes de choses pour survivre, y compris prof de latin remplaçant dans un lycée, enseignant d’un cours supplémentaire en parapsychologie à l’Université de Washington, et même, pour un temps, tenancier de bar dans un bar enfumé, vivant de mes pourboires. L’allocation chômage américaine m’a soutenu pendant quelques mois, mais a ensuite été arrêtée. Je me suis figuré que si je retournais en Australie, le gouvernement prendrait soin de moi alors qu’aux Etats-Unis on tombe vite dans un état d’extrême pauvreté. Ainsi en 1987, je suis rentré dans mon pays natal.

Presque immédiatement, j’ai décroché un travail à l’Université d’Adélaïde comme assistant en psychologie. J’avais peu de temps à consacrer à la recherche mais je l’investissais principalement en parapsychologie. Pour certains enseignants, la parapsychologie était seulement une plaisanterie, tandis que d’autres trouvaient des raisons de ne pas s’en préoccuper. J’ai donné un séminaire départemental (dans deux universités) appelé « Signes de reproductibilité en Parapsychologie » qui a été bien accueilli. Un enseignant a dit que c’était la chose la plus intéressante qu’il ait jamais entendu sur le sujet, mais il a ajouté que c’était la seule chose intéressante qu’il ait jamais entendu sur le sujet !

Vers la fin de mon contrat, j’ai souffert d’une maladie psychologique grave de telle nature qu’il m’a été dit que les départements sont très réticents à engager des gens qui ont cette affection - nous étions perçus comme trop peu fiables potentiellement. Donc, après un an ou deux, on m’a suggéré de demander une pension de soutien d’invalidité et de devenir assistant de recherche honoraire, ne percevant pas d’émoluments mais enseignant seulement à des étudiants de licence et de doctorat. Treize ans plus tard, je suis toujours dans cette situation professionnelle. En fait, cela m’a libéré de certaines tâches (l’enseignement de premier cycle, la correction de copies, et les autres obligations d’enseignement), de sorte que je passe la plupart de mon temps à effectuer des recherches et que j’ai la réputation de publier plus d’articles par an que la plupart des autres membres du département. Mais qu’on ne s’y trompe pas : c’est du travail « d’allocation de chomâge » et de nombreux autres emplois seraient probablement trop stressants pour moi.

En 2001, a été établie une Unité de Recherche de Psychologie Anomalistique (le nom est un emprunt à la section similaire du Collège Goldsmith), et nous avons été très productifs dans la recherche (« nous » comprenant Lance Storm qui, cette année-là, a obtenu son doctorat sous ma supervision). Nous avons également monté l’Australian Journal of Parapsychology. Le directeur du département de cette époque nous soutenait beaucoup.

Dans les dernières années, il y a eu comme une menace au-dessus de nos têtes et nous sentons que notre position est plus précaire. Les efforts occasionnels d’instituer un cours de master en parapsychologie ont rencontré un rejet véhément de la part des autorités concernées. Le directeur actuel du département est convaincu de l’inexistence du psi, et c’est pourquoi il refuse une unité pour l’étude de ce qui, en essence, n’est rien. Il prétend aussi qu’il y a une sérieuse hostilité dans l’université envers notre existence. Il nous a défendu de participer à la journée portes-ouvertes. Il a commandé à notre organisateur départemental de bourses de ne nous assister en aucune manière. Il semble que nous pouvons procéder à des recherches, aussi longtemps que cela n’est pas rendu public et pour autant que nous n’affirmions pas l’existence du psi. Les universités, partout dans le monde, ont tendance à adopter semblables attitudes, avec très peu d’exceptions, sauf récemment au Royaume Uni. Ainsi la personne qui envisage une carrière en parapsychologie doit être avertie de ces importants facteurs potentiellement négatifs.

Certains prétendent que la voie de contournement de cette situation est la conquête d’un doctorat en psychologie de la croyance au paranormal, dans lequel aucune présomption n’est faite sur l’existence de psi - il s’agit principalement de comparer les convaincus et les sceptiques et d’essayer de détecter ce qui motive chaque option. Certes, les articles sur ce sujet sont publiés sans difficulté dans des journaux parapsychologiques, et même les journaux psychologiques leur font bon accueil. Le problème selon moi dans ce domaine est qu’il ne semble pas y avoir un consensus quant au fait que ce sujet fasse ou non partie de la parapsychologie. C’est dans un no man’s land - d’où le terme « anomalistique ». Je me rappelle un éditeur de journal parapsychologique qui examinait mon article sur la psychologie de la croyance en une survie après la mort et qui souhaitait l’envoyer vers un journal psychologique de la tendance officielle, tel que la psychologie sociale. J’ai insisté pour pouvoir publier dans un journal parapsychologique. Mais quand j’ai récemment postulé pour une allocation en vue d’étudier notre processus d’évaluation des coïncidences, l’attributaire a demandé pourquoi je me préoccupais de cela étant donné que je n’essayais pas de mettre en évidence un effet psi. Ainsi cette voie peut ou non être perçue comme parapsychologique, et peut ou non porter les mêmes stigmates. Mais certainement le fond commun partagé avec la psychologie conventionnelle - avec les notions de personnalité, d’attitude, de connaissance, et même de psychopathologie - rend ces études précieuses, bien qu’il soit moins sûr que de telles études puissent éclairer le processus psi.

L’option restante est peut-être la plus déplaisante pour quelqu’un intrigué par la parapsychologie et désireux de devenir un chercheur psi. C’est d’entreprendre un doctorat dans un domaine de la psychologie conventionnelle (ou peut-être en physique ou même en biologie) et ensuite, quand on a obtenu une titularisation, de « dévoiler au grand jour » son intérêt pour la parapsychologie. Un tel parcours offrira probablement peu d’intérêt pour la majorité des futurs étudiants et une connexion plus directe avec la parapsychologie peut être souhaitée, auquel cas, on doit garder à l’esprit l’obstacle certain des difficultés d’emploi.

Sélection bibliographique

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Traduction non professionnelle de cet article. Nous remercions Carlos Alvarado pour son aimable autorisation.

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